La religion au Japon

Publié le par chindan

Au Japon, il y a deux fois plus de croyants que d'habitants, chaque individu pouvant s'adonner à plusieurs religions en même temps.
"Le Japonais nait Shinto, raisonne Confucianiste ou Zen, et meurt Bouddhiste".

Zen et shintoïsme :




La plus ancienne religion du Japon, le Shintoïsme ou "voie des dieux" est en fait un ensemble de croyances. Le terme de Shinto apparut pour différencier la religion originelle japonaise du Bouddhisme (apparu au VIème siècle). Les rapports et influences entre ces 2 religions sont très étroits. Toutefois, dans le Shintoïsme national, l'Empereur - ou Teno en est le Gardien Suprême.

Reposant sur de vastes concepts d'harmonies qui régissent la nature et les rapports humains, le Shintoïsme est un animisme. Il vénère les esprits (Kami) qui sont les supports constants de cette croyance. On n'en compte pas moins de 800 myriades, autant dire l'infini: les arbres, l'eau, le vent, les ancêtres sont des Kami inscrits en place d'honneur, parmi tous les autres, au panthéon du Shintoïsme. Ils ont chacun leur territoire, leur fonction. Aussi, les héros de l'histoire japonaise sont également devenus des Kami après leur mort, un peu comme les saints catholiques. Il est fréquent, même, lorsqu'on ouvre une boutique ou que l'on construit un immeuble, de faire appel à un prêtre Shinto qui vient, en grand costume, chasser les mauvais esprits de l'endroit.

Si on le leur demandait peu de Japonais affirmeraient qu'ils sont très croyants. Dans leur recherche de la croissance économique et d'un mode de vie axé sur la technologie, les Japonais peuvent donner l'impression d'avoir négligé la religion. Mais en réalité, les questions spirituelles n'ont jamais vraiment disparu de la vie japonaise et les rites religieux sont pratiqués quotidiennement. Près de 90% des Japonais sont shintoistes et 75% bouddhistes - les Japonais appartenant souvent aux deux confessions. Elles ne s'opposent pas l'une à l'autre et si les Japonais assistent à des cérémonies Shintoïstes dans la première partie de leur vie, pour les naissances et les mariages, ils se rendront à des obsèques bouddhistes. Beaucoup de fêtes sont semi-religieuses. Hors des villes animées, les grands sanctuaires shîntoistes, comme ceux d'Izumo et d'lse, attirent des foules de pèlerins et les employés de bureau trouvent des havres de paix dans les jardins des monastères zen, tels ceux d'Eihei-ji dissimulés dans une vallée proche de la mer du Japon.


Le bouddhisme :



Le bouddhisme arriva de Chine et de Corée en 552 après J,-C., et fut d'abord contesté par les détenteurs du pouvoir parce qu'il introduisait la culture chinoise au Japon. La notion du cycle de la mort et de la renaissance, l'insignifiance des choses temporelles et la promesse de la grâce divine, tout cela était nouveau. Mais, fidèles à leur tradition séculaire, les Japonais adaptèrent la nouvelle doctrine on rejetant tout ce qui ne s'accordait pas avec leurs croyances.

Le premier portait de "l'Illuminé", ou de Siddharta Gautama, autrement dit Bouddha, fut apporté au Japon par les Coréens, au VIème siècle. Les Japonais lui donnèrent entre autres noms, celui d'Amida Butsu. Le Bouddhisme ne cessa depuis lors de se répandre et d'attirer de nouveaux fidèles, désireux d'acquérir toutes les vertus terrestres dans l'espoir d'une vie future meilleure.

Riche de ses rites, à même d'émouvoir le peuple par la dignité des cérémonies qui se déroulentdans les temples, cette religion a donné à la société à la fois un côté brillant, l'art en étant la transcription la plus visible, et un côté grave, comme le culte des ancêtres qui a renforcé, si besoin était, les institutions familiales.

Le Bouddhisme fut imposé au début par le pouvoir qui y voyait, outre une discipline morale, un moyen d'introduire dans l'archipel la culture chinoise. Avec lui, les Japonais découvraient donc une foule de notions jusque-là inconnues: le cycle des morts et des renaissances, l'interdiction morale de se livrer à la luxure, la grâce promise aux croyants. Toutefois, fidèles à leur vieux tribalisme, ils en rejetèrent tout ce qui ne s'y accordait point et notamment la spéculation métaphysique, déjà largement altéré par le relais chinois. Surtout, ils lui appliquèrent leur fondamentale tendance au sectarisme, au morcellement en chapelles où, autour d'un maître vénéré, on bénéficie en groupe restreint de l'enseignement sacré.

Durement éprouvée par les tremblements de terre (surtout le dernier en 1923) et les bombar-dements de la 2ème guerre mondiale, Tokyo n'a pas conservé grand chose de son patrimoine religieux.
Contrairement à ceux de Kyoto, qui sont bien souvent plusieurs fois centenaires, les temples de la capitale ont presque tous été reconstruits durant ces 40 dernières années.

Comme partout au Japon, il faut faire la distinction entre les temples (bouddhiques) et les sanctuaires où se déroulent les cérémonies shintoïstes. Les 2 religions ne sont d'ailleurs pas contradictoires et si l'on naît shintoïste, on meurt toujours bouddhiste. En attendant, un temple bouddhique est appelé ji ou tera, tandis que le nom d'un sanctuaire shinto est toujours suivi du mot jinja ou miya.

Il n'est pas évident de reconnaître au premier coup d'oeil un temple bouddhique d'un sanctuaire shinto. La plupart du temps, seul les distingue la présence ou l'absence d'un torii, un portique de bois qui marquel'entrée des seuls sanctuaires. Il a la forme d'un immense perchoir d'où le coq du village est censé appeler Amateratsu, la Déesse du Soleil. De même, si l'on aperçoit au-dessus de la porte d'entrée, une cordelette de paille tressée (Shime), on peut être sûr qu'il s'agit d'un sanctuaire shinto et non d'un temple. Cette corde est la "barrière" qui éloigne les mauvais esprits. Une clochette ou un gong sont à la disposition des fidèles qui veulent appeler une divinité.
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