Le kendo

Publié le par chindan

kendo

Le Kendo

 

Introduction

Littéralement, le mot Kendo est formé de deux caractères: le premier Ken signifit Le Sabre et le second Michi signifit La voie, l'ensemble représentant tout naturellement La voie du Sabre. C'est en quelque sorte l'escrime japonais, qui se pratiquait autrefois au sabre de samouraï, sur les champs de bataille.

 

Pendant la période Edo (1600-1868), le Kendo moderne prend son essor à la faveur de la paix qui marque cet « âge d'or » du Japon classique, alors totalement fermé au reste du monde. Le Kendo est alors l'un des 18 arts martiaux que doit pratiquer le samouraï. De nombreux traités sur le sabre sont publiés à cette époque au Japon tel le Hagakure de Yamamoto Jocho. Le Kendo devient alors « populaire » en profitant des techniques d'entraînement mises au point dès le XVIIe siècle : sabre en bambou (Shinaï) et différentes protections.

À l'occasion de l'ouverture au monde du Japon (1868), avec la chute du Shoguna et les changements importants dans le système politique et social du Japon, la caste des samouraïs est dissoute et les arts martiaux méprisés par les Japonais eux mêmes. En 1900, toutefois, une fédération universitaire de Kendo est fondée au Japon, la Zen Nippon Kendo Renmei, qui joue un rôle déterminant dans la codification du kendo moderne et sa diffusion à l'étranger. L'Occident découvre le kendo dès le XIXe siècle à travers des récits de voyages. En 1899, une première présentation de kendo a lieu en France à l'occasion de la visite du créateur du judo moderne, Kano Jigoro.

Concepts

Le Kendo doit être pratiqué dans un état de ki ken tai no ichi, à savoir l'unité:
- du corps (tai), représentée par le fumikomi-ashi, un rapide pas en avant;
- de l'esprit (ki, qui désigne de manière plus globale « l'énergie vitale »), représenté par le kiai, le cri traduisant la combativité;
- et du sabre (ken), le coup porté.
Si bien que le coup porté à l'adversaire doit être exécuté avec ces trois principes combinés au même instant et avec conviction. Les combattants s'attachent aussi à maintenir une distance de sécurité (ma ai) afin de préserver leur intégrité; pour frapper, il faut donc avancer tout en gardant son équilibre (shisei). Cela se fait donc en avançant non pas le buste mais tout le corps, donc les hanches (puisque les hanches sont le lien entre les jambes et le buste). Le mouvement des bras ne fait qu'accompagner ce mouvement des hanches. La force d'un coup ne vient donc pas des bras mais de l'ensemble du corps.

 

En Kendo, seules certaines parties du corps peuvent être touchées pour que le coup soit considéré comme valable. Les quatre cibles principales sont : le sommet de la tête (men), les poignets (kote), les flancs (do) et la gorge (tsuki). Lors des exercices d'entraînement, le kiai doit correspondre à la partie du corps visée. Ainsi, un coup porté sur la tête sera par exemple accompagné du cri « Men ! ». De plus, le coup doit être porté avec le premier tiers du shinai. Il faut aussi noter que le coup à la gorge est réservé aux pratiquants ayant déjà une certaine expérience, une mauvaise exécution pouvant blesser l'adversaire malgré les protections. Dans l'assaut libre (Ji-geiko), les adversaires, qui se tiennent en garde face à face, les pointes des armes croisées, vont essayer mutuellement de marquer un point: le Ippon. Il faut donc, réussir : soit à frapper avant que l'adversaire ne puisse le faire, soit à frapper après avoir esquivé ou paré l'attaque adverse. Dans les attaques, les frappes peuvent se succéder ou se combiner. Il existe également des manoeuvres avec le Shinai destinées à affaiblir ou à ouvrir la garde de l'adversaire.
Les combattants s'affrontent réellement et les assauts sont d'une intensité très soutenue. Toute forme de brutalité est néanmoins rejetée, (l'adversaire n'est pas un ennemi à battre, mais un partenaire indispensable aux progrès).

Matériel

shinaiboken


En haut, vous pouvez voir le Shinai, le sabre d'entrainement introduit durant l'air Edo. Il est composé de quatre lames de bambou (on utilise aussi parfois des matériaux synthétiques) reliées entre elles par des pièces de cuir. Cette arme est suffisamment souple pour ne pas causer de blessures aux pratiquants. Sa longue poignée, Tsuka, permet le maniement de l'arme avec les deux mains. Le Shinaï est une réplique inoffensive du Katana, le sabre des samouraï.
En dessous, le bokken (sabre de bois) ou Bokutô est un sabre en bois reprenant la taille, la forme et la sensation à l'utilisation du katana. Il sert principalement à l'entraînement mais son efficacité en combat est réelle (imaginez une fine batte de base ball en forme de lame, vous aimeriez vous la prendre dans les côtes ?).

sabre


Voici enfin le katana, le symbole de la caste des samouraï. Le katana a une taille supérieure à 60 cm mais peut varier selon les périodes et techniques de guerre. Il se manie généralement à deux mains (encore que certaines techniques, comme la célèbre technique à deux sabres de Musashi Miyamoto, ou des techniques impliquant l'utilisation du fourreau, supposent le maniement à une main). Sa poignée (tsuka), suivant le climat politique, variait entre la largeur de deux ou trois mains. La tsuka se termine par une garde (tsuba) qui protège la main. Le poids d'un katana standard varie de 800 grammes à 1500 grammes.

 

bogu

L'armure que revêtent les Kendoka (ceux qui pratiquent le Kendo) se compose d'une veste Keikogi et d'un large pantalon Hakama traditionnel au Japon.Cette tenue est complétée d'une armure de protection Bogu composée :
- d'un masque appelé Men ;
- de deux gants rembourrés, les Kote ;
- d'un plastron, le Do ;
- d'une protection du ventre et des hanches, le Tare.
Le Kendo se pratique idéalement sur un plancher offrant une certaine élasticité. Les Kendoka ont les pieds nus.

Apports spirituels

Le Kendo favorise la prise de conscience de son propre corps. Les impératifs de l'assaut mettent en oeuvre des mécanismes de concentration, de vigilance, de perception et d'ajustement des réponses aux sollicitations de l'adversaire.
Les séquences gestuelles effectuées au cours de l'apprentissage et du perfectionnement, de par le rythme et le volume exigés, représentent une réelle et intense activité physique et sportive .
L'habitude de "se confronter aux autres concrètement" (et jusqu'à un âge avancé, puisque la pratique non traumatisante du Kendo permet une longévité sportive exceptionnelle) apparaît comme un facteur de maîtrise des émotions, de capacité à gérer une opposition, et de canalisation de l'agressivité.

Rituels

Lorsqu'un membre d'un dojo y pénètre, il salue le shoumen, c'est-à-dire le devant du lieu ou, plus traditionnellement, « l'autel » du dojo. Le salut consiste en une inclinaison du dos, gardé droit, de 30°, en gardant les yeux abaissés. Le même salut est répété en quittant le dojo.
Au début d'une leçon, les étudiants saluent le shoumen, le sensei (maître) et les autres étudiants. Pour ce faire, ils forment une ligne devant le sensei, à l'appel (d'un étudiant sempai) : seïretsu. À l'appel de seïza, les étudiants s'assoient correctement, c'est-à-dire sur les genoux, à la japonaise. À l'appel de mokusoo, on prend une pose de méditation que l'on garde pour une ou deux minutes. Le but est de faire le vide. À l'appel de mokusoo yame, on conclut la méditation. À l'appel de shoumen ni rei, on se tourne vers le shoumen et lui fait un salut profond. On finit par deux autres salut de ce type. À l'appel de sensei ni rei, on se retourne vers le sensei et les étudiants disent onegaishimasu, c'est-à-dire s'il vous plaît (« je vous prie de m'enseigner »). À l'appel de otagai ni rei, on refait un salut dans la même direction ainsi que la même vocalisation, mais cette fois en visant les autres étudiants. Un autre appel a lieu pour les étudiants assez avancés pour porter l'armure : mentsuke, c'est-à-dire « mettez votre men (casque) ». La leçon peut alors commencer.
Le même rituel du début a lieu. Au lieu de « s'il vous plaît », on dit « merci », donc arigato gozaimashita.
L'appel pour enlever le men (le casque) est men-toré.

 

Publié dans poubelle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article